Souvenirs
Année 2003-2004
La sortie s’est déroulée comme
prévue avec un soleil agréable, de 7h30
à 10h15, avec l’aimable participation de Sophie
Questiau. Nous avons été observer et
écouter les oiseaux en deux sites différents ;
les bois autour des rives de l’étang Saint Nicolas
et la lande située plus en hauteur de celui-ci.
Cette matinée était relativement calme en terme
de chants d’oiseau, car la plupart étaient dans
leur nid (période d’incubation) ou en train de
nourrir les jeunes. Au total, nous avons pu découvrir 23
espèces différentes.
Dans le bois autour de
l’étang Saint –Nicolas :
Nous avons pu entendre le chant des oiseaux suivants;
- Troglodyte mignon,Troglodytes
troglodytes, chant très puissant, une phrase
répétée sans cesse ave une petite
roulette en milieu de phrase, très commun, il est presque
devenu un « bruit parasite » pour
l’écoute des autres chants… son cri
ressemble à un tir de mitraillette (cette espèce
est polygame, le mâle construit de nombreux nids que les
femelles vont occupés après avoir «
fignolé » l’intérieur)
- Fauvette à
tête noire,Sylvia atricapilla, notes
envoyées à la volée, très
flûtées, cette espèce est le
modèle favori des biologistes travaillant sur la migration.
- Rouge-gorge familier,Erithacus
rubecula, émet des notes en cascade, tonalité
assez plaintive, tremblotante, notes très aiguës,
montantes et variées, émis le matin et le soir
(au même moment que le merle)
- Pouillot
vélocePhylloscopus collybita, chant
très scandé, en succession de deux notes (seul le
chant permet de le distinguer facilement du Pouillot fitis,
morphologiquement très proche)
- Pic
épeiche, Dendrocops major, chant ressemblant
aux bruits des jouets d’enfants (« pout, pout
»)
- Pic vert,Picus
viridis, chant ressemblant presque à un ricanement, voire
à une plainte… selon les oreilles !
- Etourneau sansonnet,Sturnus
vulgaris, pas de chants particuliers… sait reproduire les
autres chants et bruits divers qu’il entend, chante en
battant des ailes, niche dans les anciens trous de pic sur les grands
platanes du bas du chemin passant derrière la
faculté de science.
- Mésange
bleue,Parus caeruleus, chant aigu, « triiiiirrr
» descendant
- Mésange
charbonnière, Parus major, chant
scandé « titi-u titi-u » (remarque ; la
bande noire présente sur le poitrail est un
critère de choix du partenaire, en effet les femelles ont
tendance à choisir les mâles avec la bande noire
la plus large !). Nous avons pu observer un couple au nourrissage, dont
le nid était placé très bas au pied
d’un arbre… mais celui-ci étant dans
une cavité profonde de l’arbre nous
n’avons pu voir les oisillons, seulement, pour certains,
entendre leurs petits piaillements.
- Corneille noire,Corvus
corone corone, le classique « croa, croa » connu de
tous, mais pris à tort pour le corbeau ! Ce n’est
d’ailleurs pas un chant mais un cri.
- Geai des
chênes, Garrulus glandarius, chant non
mélodieux, qui rappelle plus un chant de canard, mais
plumage magnifique, nous avons vu un individu en train de transporter
des brindilles pour la construction de son nid.
- Pinson des arbresFringilla
coelebs, chant très court, toujours la même
phrase, comme une petite bille qui rebondit et fait une pirouette
à la fin « pioupioupiou trillili »
- Grimpereau des jardins,Certhia
brachydactyla, chant très aigu, scandé
très court, phrases
stéréotypées de 5 à 6 notes
- Merle noir,Turdus
merula, chant flûté avec roucoulement
mélancolique, chante très tôt le matin
et le soir (remarque, un merle répond à un
enregistrement de fauvette à tête noire
passée au ralenti)
- Mésange
nonnette,Parus palustris,
Et nous avons vu des :
- Hirondelles des cheminées,Hirundo rustica
- Héron cendré,Ardea cinerea, au bord de l’étang, observé de loin
- Sitelle torchepot,Sitta europaea, femelle « torchant » son nid.. . en général c’est à cette période qu’elle est le plus proche de l’ovulation, le mâle est donc dans les parages pour surveiller qu’elle n’ait pas d’accouplement avec d’autres mâles, en anglais ce comportement s’appelle le « mate guarding »
- Mésange à longue queue,# Aegithalos caudatus, fréquente dans les chênes pour manger leurs tendres bourgeons. (A noter, cet oiseau, malgré son appellation n’est pas une mésange… mais elle a un comportement de mésange !)
# Nous avons également pu observer un étourneau de très près, il semblait être malade, avait du mal à voler et se laissait prendre en main, sans qu’on trouve l’origine du mal (intoxication alimentaire, fatigue et état second à la suite d’une bataille entre mâles…. ?)
Dans les Landes
Nous avons entendus les oiseaux suivants :
- Accenteur mouchet,Prunella modularis, chant ressemblant à une crécelle aiguë, pas de structure du chant, loge dans des buissons denses. C’est un oiseau à mauvais rendement car il chante peu et il échappe ainsi très facilement aux inventaires.
- nous avons également retrouvé des fauvettes des jardins et des grimpereaux (ces derniers plus spécifiquement dans les zones boisées)
- Nous avons également vu un Busard Saint-Martin de loin
Et sur le chemin du retour…
Nous avons pu observer un couple de
- Rouge-queue noir Phoenicurus ochruros, un couple nourrissant une nichée calée entre un mur et une lampe dans l’encadrement renfoncée d’une porte de la fac… abris du vent et de la pluie, et en plus chauffé !!
Quelques remarques pour les biologistes…. :
Les Passereaux constituent l’ordre des Passériformes, comprenant des percheurs et des chanteurs (grâce à un « syrinx »), généralement de petite taille…. ce sont les oiseaux les plus évolués. Les chants sont des moyens de défense du territoire d’un mâle contre d’autres mâles venant courtiser sa femelle (il est alors émis uniquement par les mâles), mais ils peuvent également servir de défense pour un territoire alimentaire, notamment en hiver (ce sont alors mâle et femelle qui chantent, cas du Rouge-gorge). En général, les oiseaux se placent à un poste de chant (branches élevées et parfois dégagées) pour que les vocalises soient entendues parfaitement et sur des grandes distances… il est donc plus vulnérable et plus visible à ces moments-là.
La reconnaissance des chants des oiseaux est utilisée pour faire des inventaires par le biais de méthodes d’échantillonnage comme par exemple les indices ponctuels d’abondance. Pour cela l’observateur se place en un point fixe et trace sur une feuille un cercle au centre duquel il s’imagine ; à chaque chant reconnu il place une croix dans le cercle (provenance et distance évaluées à l’oreille) avec indiqué le nom de l’oiseau. Ces points d’écoute doivent tous être de même durée (en général, 20 minutes) , et ils sont effectués à deux périodes différentes pour le même point (avant et après le 15 mai) afin d’inventorier à la fois les oiseaux précoces et les migrateurs plus tardifs. Lors de ces procédés, il est assez délicat de noter les oiseaux qui chantent peu, ou encore de savoir si deux chants identiques en des endroits différents sont l’effet d’un « dialogue » entre deux mâles (contacts simultanés importants) ou s’il s’agit d’un individu qui s’est déplacé ! On peut parfois utiliser la technique de la « repasse » consiste à placer un magnétophone émettant le chant d’une espèce, afin de déclencher une réponse sonore de l’oiseau qui se sent alors agressé et qui n’aurait peut-être pas chanté pendant la période d’écoute !
Lorsqu’un parent sort d’un nid avec dans le bec un petit sac blanc, qu’il lâchera un peu plus loin, il s’agit des sacs fécaux des oisillons !